Texte libre

Chronique d'espérance d'un "terrotouriste".

En cette époque épique et sur cette terre maudite d'être promise,

vouloir la Paix,

c'est condamner

un spatiocide,

un sociocide,

un politicide

et un verbicide;

c'est exiger l'équité.

Ecrivons ensemble une feuille de route revue et corrigée dans des actes citoyens d'urgence,

dans l'exigence de l'application du Droit,

parce qu'en ces lieux d'anomie, même le futur était mieux.


"Je suis venu en tenant d'une main un rameau d'olivier, et de l'autre un fusil de révolutionnaire.
Ne laissez pas le rameau vert tomber de ma main.
La guerre a éclaté en Palestine, mais c'est en Palestine que naîtra la paix."
Yasser Arafat

 

Dernière phrase de son discours du 13 novembre 1974, devant l'Assemblée générale de l'ONU.

Le 22 novembre 74, l'ONU reconnaît le droit des Palestiniens à l'indépendance nationale.

Un an plus tard, l'ONU adopte une résolution associant le sionisme à "une forme de racisme".
 

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Lundi 1 novembre 2004

Nouvel article en ce triste lundi, mais comment rendre neuf et faire l"article d'un papier si chiffonné, déchiré depuis tant d'années, et qui ne fait que psalmodier les mêmes antiennes, où

l'un dit:

"Je me fous des résolutions internationales votées contre moi, jamais appliquées par l'ensemble de cette communauté mondiale qui, me condamnant régulièrement, n'en continue pas moins à collaborer tout en la confortant avec ma "démocratie". Je n'ai jamais eu l'intention de suivre une autre feuille de route que celle choisie par moi, cette terre d'Israël est mienne, du Jourdain à la Méditerranée. Les autochtones non juifs, qui persistent à ne pas vouloir comprendre, sont à présent parqués dans une cinquantaine de prisons à ciel ouvert, et nos drones et nos Cobras et nos Apaches et nos snippers les surveillent et les tuent tout à leur aise en jugulant efficacement leur taux de natalité galopante et en les poussant à foutre enfin le camp......"

L'autre dit:

"Je n'ai plus rien à perdre, un Caterpillar a rasé la maison de ma copine, ma ville recule chaque année de 100 m car les immeubles s'écroulent tant ils sont constamment mitraillés, les oliviers de ma famille ont tous été arrachés, mon puits a été bouché, mon oncle et mon cousin  sont emprisonnés depuis deux ans sans avoir même été jugés, un colon a tué délibéremment et impunément Brahim, le petit frère de mon meilleur camarade, prenez garde à ma fureur!"

Cet autre, et ce pourtant si ressemblant se lève, il est à présent calme et déterminé, il passe l'infâme check point en tenant par la main une très vieille femme qu'il ne connaît pas, après des heures d'attente sous les humiliations et les quolibets. C'est la première fois qu'il sort de la bande de Gaza (10 km par 40)  partagée "à part égale" entre 7000 colons et 1 million 400000 palestiniens! Il marche sur Tel Aviv. Avant d'être la capitale de l'Occupant, il y avait là de nombreux villages arabes. Son arrière grand père y possédait une maison, il lui a transmis, voici déjà deux semaines à la veille de sa mort, une vieille clé rouillée, qui n'ouvre plus que sur un antique rêve inaccessible. Il sert très fort cette clé sur sa ceinture, afin de rendre moins protubérante l'excroissance des batons de dynamite, une jeune fille avec des cheveux d'ange le bouscule. Il pense à la mère de son ami, rendue folle depuis l'assassinat de son "bébé" Brahim, ce petit shebab à l'esprit trop frondeur, déjà balafré par trois cicatrices qu'il arborait toujours fièrement, gamin qui lui collait toujours aux baskets pour lancer des pierres sur les chars et les Humlers. C'est une belle matinée, son copain le soleil le caresse et l'aide à franchir l'ultime limite de la peur abjecte, il s'avance et fend la foule, d'un pas ferme et serein, et puis, soudain très las, très vieux de ces seize années de cauchemars accumulés, son corps se cabre, son doigt se crispe sur le détonateur,,,, et tire en un dernier spasme inhumain le point final de cette mauvaise histoire, en un rougeoyant flash sonore et meurtrier. 

C'était ce matin, c'était une histoire vraie, prévisible et probablement attendue par les autorités israéliennes pour justifier aux yeux du monde la violence inouïe des exactions ordinaires commises et encore à commettre par Tsahal sur toute une population de civils, c'était un charnier rouge d'humains en charpie, juste au bas de notre fenêtre, de l'autre côté de la grande bleue, et, si nous ne donnons pas un coup de main à tous nos pareils martyrisés,  ce sera demain aussi, mais cette fois peut-être, chez nous!

Juste avant le sacre de la Démocratie Républicaine Américaine et l'accompagnant, voici revenu le temps de la jungle!

Le mur de cet ignoble cimetière qu 'est la Palestine occupée tombera car la liberté, indivisible, ne s'enterre pas! Ces milliers de morts anonymes sont figés dans l'attente de pouvoir enfin vous rencontrer, vous qui leur survivez dans votre simple quête de témoignages, dans votre exigence de justice.

 

 

par Jean-Paul Delpuech publié dans : Israël-Palestine
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Dimanche 31 octobre 2004

                                    

La semaine qui s'annonce verra peut-être le réaménagement souhaité de ce monde bipolaire du Bien et du Mal mis en place de façon rigoureusement identique par l'abominable binôme Busharon/Ben Laden.  

Les "curieuses" élections américaines vont rendre leur verdict...
De ce résultat dépendra largement le devenir Proche Oriental, et donc celui, ici, du caractère rassénéré ou insurrectionnel des "sauvageons" de nos banlieues.
Si Kerry et Bush semblent être, sur ce point ensablé de la planète, l'avers et le revers d'une même médaille, la perception démocrate du reste du monde n'est pas celle du républicain évangéliste. Hosana!...

Seconde probable bonne nouvelle, "l'Opération nouvelle page", nom de code attribué par les Israéliens aux procédures répressives à suivre lors du décès de Monsieur Arafat sera renvoyée aux calendes grecques, le principal intéressé surmontant apparemment l'empoisonnement dont il aurait été victime en sa Muquata'a.
Question ouverte : qui, sinon l'arrogant occupant, contrôle l'approvisionnement du QG éventré, autour duquel tournent en une terrifiante farandole, 24 h sur 24 depuis 3 ans, chars, snippers et jeeps ennemis?


Au pied de l'hôpital parisien, des centaines de personnes battent le pavé, aidant par leur seule présence le vieux lion à se remettre. C'est à notre tour, Monsieur le président, de vous ouvrir largement et nos coeurs et les portes de nos habitations.
Et si, demain, les autorités bleuesblanches vous font quelques difficultés pour rallier votre siège en vacance de travail, permettez à tous vos amis européens d'affréter un nouvel Exodus.
Lesté de nombreux volontaires citoyens casques bleus, le cargo pourrait mouiller en rade de Gaza, dans ce port détruit avant d'avoir jamais pu servir . Cette force d'interposition non violente témoignerait sans trêve ni entrave de ce qui se passe là, de tous ceux-là qui trépassent sans un cri, victimes de l'assourdissant silence de la vieille et veule Europe...

Dimanche, dis manche, quand je l'écris, je crie les vagues de la Manche, je relis Proust au grand hôtel de Cabourg, je me balade sur les planches à Deauville...

Dimanche sur les territoires occupés, comme tous les autres mauvais jours depuis des decennies, trois civils palestiniens tirent définitivement leur révérence, un gosse de 11 ans tombe, troué d' une balle en pleine tête, coupable de quoi? Que feront demain ses frères, sa mère, son père? Quand fera-t-on cesser cette infernale spirale de la violence alimentée, conjuguée à tous les odieux quotidiens par l'invincible Saigneur Sioniste.

par Jean-Paul Delpuech publié dans : Israël-Palestine
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Samedi 30 octobre 2004

Abou Amar, le vieux Raïs à Paname,
qui se coiffera du keffieh embarbelé ?

L’aggravation de l’état de santé de Monsieur Yasser Arafat, président élu du dernier pays colonisé par une démocratie, est avant tout l’aboutissement logique de son terrible confinement.

Voilà déjà 3 ans que le vieux leader palestinien est emprisonné dans la seule pièce aveugle encore intacte des ruines assiégées de la préfecture de Ramallah, siège officiel de son gouvernement impuissant ! Privées de leur chef, qui avait au moins le mérite de partager physiquement leur affreux sort, les différentes factions de l’Autorité Palestinienne peuvent à présent se déchirer car, pour la rue arabe, le successeur désigné risque fort d’être perçu comme l’homme des Américains.

Le seul nom qui recueille l’unanimité des suffrages palestiniens est celui de Marouane Barghouti ; il purge plusieurs peines de prison à vie au terme d’un procès inique orchestré par l’occupant.

La situation du peuple palestinien n’a jamais été aussi invivable.


A l’ombre quotidienne d’actualités plus médiatisées, des centaines de nouvelles colonies s’implantent sur le Golan, l’ensemble de la Cisjordanie et le Naquab, avec l’appui officiel et puissamment armé du gouvernement israélien, lui-même encouragé par l’ami « médiateur » américain. Les armes de destructions massives israéliennes prélèvent chaque jour leur tribut de terres volées, de cultures ravagées, de maisons détruites, d’enfants et de civils assassinés. Si la question d’un retrait des colons sur la bande de Gaza est ostensiblement mise en avant, ce minuscule territoire sera toujours sous le contrôle total aérien, maritime et terrestre de son occupant.

Pour que cesse enfin cette injustice, terreau d’une terreur universelle, c’est à nous, sociétés civiles Européennes, d’exiger au Proche Orient l’application du Droit international, jusqu’à présent toujours bafoué par la « démocratie israélienne ».

Il y a des solutions, elles passent toutes par une mobilisation citoyenne, et si on en causait ?

par Jean-Paul Delpuech publié dans : Israël-Palestine
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